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Quatrième dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Seconde lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (7, 32-35)

Frères, j’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé.

La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde, elle cherche comment plaire à son mari. C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.

Homélie sur la 2è lecture du 4è dimanche du Temps ordinaire Année B

Messe de 9 h 00

En écoutant la 2è lecture, l’on pourrait penser que l’apôtre Paul était en train de donner des instructions, des consignes pour la vie matrimoniale, la vie familiale des membres de la communauté chrétienne de Corinthe. Mais en réalité, il n’en est rien de tel. Saint Paul n’avait nullement l’intention de s’introduire, de s'immiscer dans leurs choix de vie personnelle. Et la plus grave erreur d’interprétation serait même de penser qu’il célébrait le célibat au détriment de la vie conjugale. Loin de là, cette idée, de l’apôtre Paul.

Il est bien sûr parti d’un simple constat qui n’a rien d’absolu, de dogmatique. Et ce constat c’est qu’il a vu des célibataires qui, parce qu’ils n’ont pas d’engagements matrimoniaux, familiaux, se consacrent davantage à leur vie spirituelle, aux choses de Dieu, à Dieu lui-même et à leur prochain. Il constate également que la vie de couple, la vie familiale occupe tellement toute l’attention de ceux qui sont mariés qu’ils en arrivent à délaisser leur vie spirituelle : la santé des enfants, les soucis matériels de la famille, l’attention au conjoint, etc.

Comme vous et moi, nous le savons, de tels constats ne se vérifient pas dans tous les cas : j’ai plein de mariés dans ma communauté ici qui nourrissent profondément leur vie spirituelle, qui se consacrent très bien aux activités paroissiales : chorale, équipe des fleurs, chapelet, catéchisme et aumôneries, etc. Le fait d’être célibataire n’est pas non plus, gage d’une vie de foi profonde.

Cela étant dit, l’objectif de saint Paul était simplement d’attirer l’attention des uns et des autres sur un danger qui pourrait les rattraper. Ce n’est nullement une règle de vie qu’il donne. A chacun donc de choisir l’état de vie qui lui permet d’être le plus disponible possible au Seigneur et au prochain : la seule chose qui compte, c’est que les fidèles croyants soient « attachés au Seigneur sans partage », qu’ils nourrissent leur vie de foi, qu’ils entretiennent la vie chrétienne, que chacun travaille à son propre salut ; et cela, que l’on soit marié ou que l’on soit célibataire, que l’on soit avec femme ou sans femme, que l’on soit avec enfants ou sans enfants.

En méditant sur cette 2è lecture, j’ai senti qu’elle constitue pour nous aussi aujourd’hui, chers frères et sœurs, une interpellation. C’est comme une interpellation que Saint Paul lance à nous tous ici présents, y compris moi qui vous parle, et peut-être même moi le premier. Oui il y a des choses qui nous occupent, qui prennent toute la place dans notre esprit, dans notre vie au point où il n’y en a plus pour le bon Dieu. La réalité de la vie quotidienne fait que nous négligeons parfois notre vie de foi ; nous oublions, nous rejetons même le baptême que nous avons reçu, nous tournons même dos à Dieu.

Deux bons vieux prêtres échangeaient un jour sur ce qu’a été leur ministère sacerdotal : quel bilan pourrions-nous bien faire à Dieu une fois au ciel ? Quel bilan sachant que dans leurs églises respectives, le nombre de fidèles ne cesse de diminuer dangereusement ? Nous faisions des chrétiens mais la rue nous les arrachait. Voilà ce que nous allons dire au bon Dieu.

La rue dont il est question ici, c’est la réalité de notre monde d’aujourd’hui qui ne porte plus vraiment à la foi, qui ne favorise plus vraiment une pratique religieuse régulière et soutenue, qui n’offre plus une véritable ambiance spirituelle. Nous sommes dans un monde qui veut se passer de Dieu ; le fait religieux y est présenté comme quelque chose de bizarre, de négatif, de déphasé. La foi est souvent caricaturée ; nous perdons jour après jour la dimension religieuse de l’homme. Elle devient dans la société, un produit non essentiel.

Faisons simplement un petit tour dans nos différentes familles et nous verrons combien de personnes (je ne dirais pas seulement les jeunes, c’est toutes catégories confondues), combien de personnes ont fait le baptême, la 1ère communion, même le mariage mais qui aujourd’hui ne mettent plus pied à l’église.

Ce que Saint Paul entend par « souci », ce sont les différentes préoccupations de la vie quotidienne qui nous éloignent de notre vie spirituelle : parce que je travaille, alors Dieu n’existe plus pour moi, il n’a plus de place dans ma vie, je n’ai plus de temps pour lui ; parce que je recherche de l’argent, alors Dieu n’existe plus pour moi, parce que je cherche un mari ou une femme, parce que je suis marié, alors Dieu ne mérite plus mon attention, il n’existe plus pour moi, ne compte plus vraiment pour moi.

A cause donc de la vie terrestre, nous rejetons ou négligeons la vie spirituelle et pourtant les deux ne se repoussent pas. L’une n’exclut pas l’autre. Je peux rechercher l’argent, et être en même temps un bon croyant, je peux chercher à me marier tout en demeurant un chrétien fidèle, je peux me consacrer à mon travail, à mon boulot, l’accomplir consciencieusement tout en étant un chrétien pratiquant et très pratiquant même.

C’est ce défi que nous devons relever chaque jour, chacun individuellement. C’est pourquoi, il nous faut entretenir notre foi, nourrir quotidiennement notre vie spirituelle, nous plonger régulièrement dans une ambiance de foi. Je nous disais il y a quelques jours ici même, de ne pas nous contenter du seul rendez-vous dominical. C’est déjà bien que de venir à la messe le dimanche mais nous devons aller plus loin, en nous nourrissant de la Parole de Dieu. Nous avons la prière en famille, la prière individuelle, l’adoration que l’église nous propose, des groupes de prière, des groupes d’amis qui nous portent dans la foi, la communion régulière, la réception fréquente des sacrements, la confession par exemple, l’investissement dans un mouvement paroissial.

Voilà autant de moyens que l’église nous propose pour nous accompagner. Que saint Paul lui-même qui nous interpelle à travers cette lettre, nous aide du haut des cieux.

Amen.

Eustache NOBIME.

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A propos de la paroisse

La paroisse Saint-Martin de Bezons a été construite à la rue Edouard Vaillant en 1937 - 1938. Tous les fidèles, un peu plus de 400, se retrouvent à la paroisse Saint-Martin, la seule sur la Commune de Bezons. Saint-Martin de Bezons fait partie du doyenné d'Argenteuil. Le Curé de la paroisse est le Père Eustache NOBIME