Piste de méditation des textes du 2ème dimanche de l’Avent.

« Préparez le chemin du Seigneur ; rendez droits ses sentiers », demande la voix de celui qui crie dans le désert. Avec le langage humain, cette formulation peut paraître étonnante. Etonnante parce que « crier dans le désert » ou « prêcher dans le désert » est pour nous synonyme de se démener en vain, se donner de la peine pour rien, parler en vain, parler sans que sa parole ou ses actes ne rencontrent d’échos favorables autour de soi.

Etonnante aussi par ce que l’on sait du désert ;  un espace, si pas presqu’inhabité, du moins très peu habité. La vie y est rude à cause du manque d’eau et de tout ce qui découle de la présence de celle-ci. Rien n'y pousse facilement. Les êtres vivants y sont rares.

Si donc c’est dans le désert que crie la voix de celui qui nous demande de préparer le chemin du Seigneur, de rendre droits ses sentiers, nous pouvons nous considérer non destinataires de cette Parole. Nous ne sommes peut-être pas concernés. Et pourtant c’est bien de nous qu’il s’agit. Oui il s’agit de nous tous qui avons besoin de conversion et du pardon de nos péchés. Nous qui avons besoin de sortir des déserts dans lesquels nous ont plongé : l’esprit de domination des autres, l’égoïsme, l’indifférence, le communautarisme culturel et même cultuel, l’ignorance, l’arrogance, la cupidité, le racisme et bientôt peut être le « continentalisme », bref tous ces comportements et toutes les manières qui mettent en mal la vie en société. Des pratiques qui détruisent la valeur de l’humain. Des pratiques qui rendent esclaves les uns et maîtres les autres…les dominants. 

 Il s’agit de nous qui sommes dans l’attente de la venue du Messie, la venue du Fils de l’homme, l’Emmanuel Dieu-avec nous. Il est venu, il vient et il viendra. C’est peut être la première des voix que nous entendons chaque matin à notre réveil : prépare le chemin du Seigneur, rends droits ses sentiers. Rends-les droits parce qu’il lui faut (lui le Seigneur) arriver dans le désert de nos péchés pour faire refleurir la vie : la vie qui ne finit pas. Sa vie à lui.

Pour préparer la route du Seigneur Jean-Baptiste ne nous demande pas de tracer un chemin géographique, ni un chemin urbain. Il n’est pas question non plus de sérier un nombre d’exercises spirituels à ne jamais omettre ou à remplir quotidiennement pour se faire bonne conscience. Nous sommes conviés, à la pureté de notre foi. Le Seigneur ne prend pas les chemins de la terre, mais pénètre dans le secret du cœur. Le chemin et les sentiers à rendre droits et à préparer se sont nos cœurs,  rugueux dans les mœurs, durs dans nos cruautés, impurs dans nos conduites. C’est ce qu’il faut nettoyer ; c’est ce qu’il faut aplanir et niveler, de sorte que quand le Seigneur vient vers chacun de nous qu’il ne trébuche pas mais trouve un chemin nettoyé, remblayé, balisé, rendu droit par l’amour de Dieu et du prochain, aplani par la foi.

Il importe de ne pas penser que nous disposons encore du temps pour se convertir. La lettre de Saint Pierre, Apôtre, évoque le caractère urgent de cette conversion. « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur » nous dit-il.

Seigneur, tu le sais, il n’est personne parmi ceux qui ont été engendrés qui n’ait agi de façon impie, et personne parmi ceux qui te confessent n’ait failli. Nous avons donc besoin de conversion pour recevoir ton pardon et être accueillis un jour dans ton royaume. Aide-nous à reconnaître ceux à qui tu veux parler en te servant de nous, tes serviteurs (malades, gens déprimés, personne seule, etc) pour qu’ils se découvrent portés sur ton cœur.

 

Père Eudes SAMBA